Chirurgie proctologique: de la douleur à l’apaisement

18 janvier 2016 Chirurgie, Genève, Proctologie 0

La chirurgie proctologique rime avec grande complexité. Elle est complexe par la localisation anatomique difficile des pathologies présentées.

Elle est complexe, car prisonniers de leurs tabous, de nombreux patients consultent tardivement. Leurs pathologies sont alors déjà très voir trop symptomatiques.

Elle est complexe, car douloureuse de façon quasiment systématique.

Elle est complexe, car longue dans sa prise en charge et son suivi.

Elle est complexe, enfin, car il s’agit de gérer le ressenti du médecin traitant. Celui-ci peut faire preuve d’incompréhension devant son malade inconfortable et algique pendant des semaines.

Alors oui, la proctologie traite d’un organe mal-aimé, mais dont le rôle essentiel constitue toute la noblesse. Cette chirurgie nécessite une formation extrêmement pointue, une excellente écoute du patient, des indications adaptées, un suivi sans faille des opérés et – enfin – une personnalité forte, à même de faire face à l’insatisfaction momentanée des malades et des médecins traitants, déçus par des prestations dont le bénéfice n’est pas immédiatement perceptible.

Qu’il est agréable et confortable de réaliser une cure de hernie douloureuse ou d’enlever une vésicule biliaire symptomatique. Les malades sont soulagés dès le retour de bloc, et chez eux, satisfaits et heureux, parfois dès le lendemain.

Au final, la proctologie constitue réellement une chirurgie de l’apaisement. Mais elle exige de chacun: patient, chirurgien, médecin traitant, et même de l’entourage du malade, de la patience et une grande clairvoyance.

Image d’illustration: Danaïde, d’Auguste Rodin.  Photographe: Emmanuel Sougez