Genevois, encore un effort pour être égalitaires !

18 mai 2016 Chirurgie, Genève 0


Genève a parcouru du chemin depuis 1883. Cette année là, Henriette Saloz-Joudra devient la première femme médecin à pratiquer à Genève. Toutefois, on notera qu’elle ne sera jamais admise dans les cénacles médicaux de l’époque, sans doute à cause de son genre. Mais nous ne sommes qu’au XIXe siècle…

En 133 ans, les femmes sont devenues majoritaires dans les études de médecine en Suisse, la faculté de médecine de Genève culminant à 66% d’étudiantes. Cependant, seules 44% arriveront jusqu’au doctorat et l’on remarquera qu’elles se font de plus en plus rares au fur et à mesure que l’on monte dans les échelons de la carrière académique. Dans le milieu universitaire, il n’y a que 21% de femmes professeurs contre 79% d’hommes.

Certaines spécialités sont en outre genrées. Alors que les médecins de famille, les gynécologues et les psychiatres sont à peu près représentés de façon égale selon le genre (43, 50 et 50% de femmes), la pédiatrie compte plus de femmes (66%). La chirurgie, quant à elle, affiche une proportion hommes-femmes très déséquilibrée : 80% d’hommes en Suisse.

A Genève, on compte 4 femmes inscrites dans la spécialité chirurgie générale, soit 10% seulement. Le plafond de verre qui arrête les femmes est toujours là. En regardant bien, on constate même que trois d’entre elles complètent leur spécialité par une activité annexe.

A XXIe siècle, comment expliquer que seuls 10% des chirurgiens genevois installés soient des femmes ? Et pourquoi sont-elles obligées, en majorité, de pratiquer une activité non-chirurgicale pour s’épanouir pleinement ? Plus étonnant encore, alors qu’elles ont été confrontées aux mêmes problèmes, aux mêmes difficultés durant leurs études de médecine,les femmes-médecins ne font preuve d’aucune solidarité vis-à-vis des praticiennes en chirurgie. En effet, dans ma pratique, les patients qui me sont adressés proviennent à 80% de collègues masculins (en grande partie issus de générations antérieures).

La question des causes et des responsabilités de cet état de fait dépasse le cadre d’un simple billet de blog. Toutefois, il est de la responsabilité de chacun que dans 133 ans, une femme ne puisse se retourner sur notre époque et la juger par cette phrase lapidaire : «Mais nous n’étions qu’au XXIe siècle…»